4ème tour : Un Derby jusqu’au bout du Suspense
L’entrée en matière dans cette Coupe de France, version 2006- 2007, réserve son lot de surprises pour les Verts et Blancs. Le hasard du tirage au sort désigne comme adversaire le STADE PONTIVYEN… 13 ans, 13 ans que les deux club rivaux ne s’étaient pas affrontés. La dernière fois, c’était en championnat. Les deux équipes pontivyennes évoluaient alors toutes les deux en DRH…13 ans, 13 ans c’est long et les choses ont évoluées. La GSI évolue désormais en Championnat de France Amateur et le STADE PONTIVYEN en Division d’Honneur.
Le STADE rêve de battre la GSI, « l’ennemi » de toujours. Le pensionnaire de CFA, lui, compte beaucoup sur ce match afin qu’il soit le déclic pour rompre la spirale négative dans laquelle les verts et blanc sont entraînés inlassablement depuis la début de la saison… Après 13 ans de mise en sommeil, la rivalité renaît… ce match s’annonce comme un choc…
Malgré la concurrence du match Ecosse – France, 2000 spectateurs se massent dans les travées du faubourg de Verdun. On vient assister au « combat » entre une équipe qui joue pour sa survie et une équipe qui veut se transcender pour battre une équipe de niveau supérieur. Le pensionnaire de CFA amorce mal son match, peu de rythme, peu de mouvement… Il est vrai que des joueurs manquent à l’appel. La défense gésiste est inédite car Damien BLOCUS et Matthieu LE GUENNEC sont suspendus. Rudy Christophe est dans la même situation.
Les jaunes et noirs profitent de cette faiblesse en ouvrant le score dès la 6ème minutes par l’intermédiaire de l’ex-gésiste, Amadou CISSE… c’est sur ce score que les deux équipes entrent aux vestiaires. Alain LE DOUR profite de cette mi - temps pour réajuster son équipe. Le message a vraisemblablement été compris par le groupe puisque la GSI met d’avantage de rythme et de mouvement dans la deuxième période : mais toujours pas de but au compteur. Le coach des verts et blancs fait entrer LE GAILLIARD qui fait la différence et qui égalise peu après l’heure de jeu. Le match s’anime … les tribunes s’animent. Les supporters de la GSI se réveillent et poussent leur équipe mais le score ne change pas, les prolongations sont inévitables. Pendant cette prolongation, rien ne se passe le match est comme neutralisé. Comme si les deux équipes voulaient prolonger le suspense jusqu’au bout… jusqu’à cette épreuve qui fait le charme de la Coupe de France, la séance des tirs au but. C’est le quitte ou double. La GSI se qualifie « grâce » à Aurélien ROBIC qui rate la cible. La GSI a atteint son objectif, elle sera présente au 5 ème tour. Certains diront qu’ elle a eu des difficultés à s’ imposer et que la différence de niveau ne se voyait pas, mais seule la victoire compte. La spirale négative est stoppée nette. Cela sera confirmé par la première victoire en championnat de la GSI la semaine suivante, face à CONCARNEAU.
5ème tour : Pluie de But à Ploubezre
Le tour suivant s’annonce moins difficile. La pression du derby est retombée. La GSI se relance en championnat alors le futur adversaire, Ploubezre, pensionnaire de PH, suscite peu d’inquiétudes. Le match se déroule sous le signe de la pluie. Une pluie fine typiquement bretonne qui a rendu le terrain gras et qui fait sortir les parapluies aux nombreux spectateurs dont une poignée de pontivyens. Et aussi une pluie de but pour la GSI : deux buts de Gouda, un but de Le Maux, Le Gaillard, Péru, Querré, sans compter le but contre son camp d’un joueur adverse.
6ème tour : Match pas si Facile à Bénodet
Jour de fête dans la petite cité bigoudène. Le petit poucet de la compétition voit les choses en grand pour la venue des verts et blancs… le ballon arrive en parachute, le public est venu nombreux. D’entrée de jeu, la GSI domine Bénodet assez aisément et mène déjà 3 à 0 à la cinquantième minute. Mais par la suite, les gésistes connaissent une période de flottement et se font encaisser deux buts coup sur coup. Selon Alain Le Dour « à 3–0, nous nous sommes relâchés. On s’est fait un petit peu peur. A 3-2, cela a donné une autre tournure au match. Mais les gars ont remis çà assez rapidement ». En effet, en réaction, les pontivyens inscriront deux buts avant le coup de sifflet final. Les verts et blancs s’imposent donc sur le score de 5 à 2 face à une équipe de Bénodet qui n’a pas démérité.
7ème tour : Flers
L’équipe ornaise évolue en division d’honneur. Devant un public nombreux venu assister au premier match à domicile des verts et blancs dans cette coupe de France 2006-2007 (en effet, lors du derby, le Stade Pontivyen qui était le club hôte), la GSI a assuré l’essentiel face à une bonne équipe de Flers. Le match a été bien amorcé par les pontivyens qui explosaient à plusieurs reprises la défense adverse. Mais la tendance s’est inversée au cours du jeu et les ornais reprirent peu à peu confiance. Ce regain de confiance des joueurs adverses a favorisé le rééquilibrage du match. A la fin du temps réglementaire, le score restait vierge et les pensionnaires de CFA manquaient toujours de justesse dans les 30 derniers mètres. La libération vient des pieds de Damien Blocus, défenseur de son état et attaquant pour l’occasion, qui expulsait le ballon dans les filets adverses et qui entraînait donc la qualification des gésistes pour le 8ème tour de la Coupe de France.
8ème tour : Une Victoire Héroïque à Châteauroux
La déception… tel était le sentiment des joueurs, dirigeants et supporters gésistes suite au tirage pour la 8ème tour de la compétition. Le hasard voulait que les pontivyens aillent affronter la Berrichonne de Châteauroux, club de ligue 2, chez lui. Ce qui aurait pu être une fête à la maison se transforme en une contrainte. C’est le club le plus fort du chapeau et c’est aussi le club le plus loin géographiquement. Ce nouveau règlement, il faut l’accepter. Ce n’est plus le petit qui reçoit le gros mais le hasard qui désigne le club recevant. Ce règlement dans le cadre de ce 8ème tour ne nous arrange pas mais par contre au 7ème tour, il nous a permis de recevoir Flers, club de Division d’Honneur.
Il y a peu d’engouement autour de ce match. Les médias régionaux et locaux ne font que le minimum. Un car est organisé pour que les supporters aillent assister au match dans un stade Gaston Petit qui sera quasiment vide. Et là aussi, peu de supporters répondent présents et seule une petite trentaine prennent la direction du Berry. Bien qu’il ne soit pas plein, le car est maintenu. Les joueurs de la GSI ne seront pas orphelins dans ce stade de plus de 17 000 places, quasiment vide.
A ce stade de la compétition, la Berrichonne de Châteauroux occupe une place en milieu de tableau du championnat de ligue 2. Le club du président Michel Denisot avait d’autres ambitions en début d’année. En 2004, le club avait affronté le PSG et avait perdu en finale de la coupe de France.
Lorsque l’équipe part le vendredi soir pour ce long déplacement, elle s’en va sans complexe, elle n’a rien à perdre. Si elle gagne, ce sera un exploit… si elle perd, on dira que la différence de niveau était perceptible. Les supporters pontivyen eux partent le samedi matin, de bonne heure, pour s’assurer d’être présent lors du coup d’envoi, qui doit avoir lieu à 18 H 00.
Dès l’entame du match, les pontivyens poussent. Dès la première minute, Querré est taclé dans la surface après avoir reçu une balle en profondeur de la part de Gouda. A peine une minute plus tard, une frappe de Le Maux oblige le gardien castelroussin à dégager des deux poings. Les pontivyens sont véritablement des acteurs dans ce match. Ils ne sont pas venu ici pour être les figurants d’un film dont la mise en scène serait Berrichonne. La distribution est royale. L’acteur principal de ce film est le portier gésiste Jérôme le Floc’h qui enchaîne parade sur parade. Les seconds rôles sont nombreux. Les défenseurs bien sur sans qui le scénario aurait été différent. Querré qui à la 68ème minute, à la réception d’une balle piquée, semait encore le trouble dans le camp adverse. Et Péru, rentré quelques minutes plus tôt à la place de Le Galliard, manque de peu à 7 minutes du coup de sifflet final de jouer l’ « Happy End » en se retrouvant, seul, face au gardien adverse. M. Chat, l’arbitre de la rencontre siffle la fin du temps réglementaire. Le clap de fin n’est pas encore pour maintenant. Le scénariste du match a voulu prolonger les péripéties.
Un coup de théâtre marqua les prolongations. Un seul but est marqué par Mulenga mais il est refusé pour hors jeu. Cet évènement fera chavirer la petite poignée de supporters bretons. Ils étaient chauffés à blanc et poussaient…poussaient leur équipe. Ils savaient que l’exploit était possible. Le match se neutralise. On file tout droit vers les prolongations.
Le scénario est hitchcockien. Le suspense est à son comble. La séance des tirs au but, c’est 50-50. Ils ont une chance sur deux de créer l’exploit. Gouda marque pour Pontivy. Puis Bayod inscrit le but pour la berrichonne. C’est au tour de Fabrice Péru de se présenter devant Debec mais hélas le ballon décolle et loupe sa cible. Les verts et blancs sont menés mais ils n’ont pas perdu. Puis Allegro, ainsi que Havard, pour la gsi, marquent. C’est alors qu’Ahamada se présente dans la surface, tire, et expulse le ballon bien au dessus du but… explosion de joie pour les supporters gésistes. L’espoir renaît. Puis, tour à tour Bertin, Paillot, Mauricio et Le Maux, inscriront leur but au compteur.
Le suspense est à son comble. Il reste 1 tir pour Châteauroux et 1 tir pour Pontivy. 5 tirs à 5 avant le dernier tireur pour chaque équipe. Rudy Christophe ne rate pas son tir. La GSI mène 6 à 5 mais le dernier tireur berrichon ne s’est pas encore présenté face à Le Floch. Moutaouakil est le dernier tireur pour les rouges et bleus. S’il marque, la Berrichonne continue son parcours en coupe…s’il ne marque pas, la GSI écrit l’une des plus belles pages du club. Le Floch, l’homme du match, est obligé de faire un exploit. Moutaouakil tire une frappe à raz de terre du côté droit…Le Floch choisit le bon côté et bloque la balle… Les verts et blancs créent l’exploit en battant une ligue 2 chez eux. Les joueurs pontivyens, fou de bonheur, courent vers les quelques supporters gésistes présents, qui avaient investi la tribune nord. Après avoir remercié chaleureusement les supporters, les verts et blancs rejoignent les vestiaires où le champagne coule à flot. Jérôme Le Floch dira « qu’à 28 ans, c’est la match de ma vie ». Pour Guénaël Le Maux « c’est que du bonheur » et pour l’entraîneur pontivyen « cette qualification, c’est magique »
Les radios nationales, tel que RTL et Europe 1, qui diffusaient ce match (ce qui permet à certains pontivyens de suivre le match en directe), relaient l’exploit dans leurs éditions. Les verts et blancs créent la sensation de ce 8ème tour de la coupe de France.
32ème de Finale : En route vers les 16ème
Le tirage au sort effectué à l’hôtel de région de Marseille, par l’ancien international Basile Boli, désigne la Vitréenne, club breton évoluant en CFA 2, comme futur adversaire. Le tirage est plutôt favorable mais la logique en coupe de France n’est pas toujours respectée et pour preuve au tour précédent.
Le tirage donne aussi l’avantage du terrain et la rencontre se jouera le samedi 6 janvier à 18 h 30. La trêve de noël sera courte étant donné que le 23 Décembre, les verts et blancs ont joué leur match en retard face à Rouen et que l’entraînement reprendra dès le dernier vendredi de l’année.
L’engouement pour ce match est fort. Le jour de la rencontre, les travées du faubourg de Verdun sont bien garnies. Il y a plus de 2 500 spectateurs présents, affluence jamais réalisée depuis l’édition 1999-2000 de la coupe de France. Dès la première minute, les vitréens poussent par l’intermédiaire de Bakkar qui est contré par Blocus. Cet ancien auxerrois est celui qui mettra le plus de danger dans la surface, notamment à la 36ème minute, lorsqu’il décalera le ballon à Deblock qui a eut là la meilleure opportunité pour ouvrir le score. Mais les pontivyens ne sont pas en reste. Paillot qui à la 3ème minute, expulse le ballon au ras du montant ; Querré aussi qui, par sa frappe soudaine, oblige le gardien adverse à repousser le ballon avec ses deux poings. Mais le jeu pontivyen dans cette première période manque de liant. Il y a une certaine crispation. L’enjeu est important et perdre face à une équipe d’un niveau inférieur, serait mal perçu, surtout à domicile. M. Grelot, l’arbitre de la rencontre, siffle la fin de la première période de jeu.
Dès l’entame de la seconde période, les pontivyens se mettent en quête de but. Sur un corner de Le Galliard, Flo Paillot met la tête mais le portier vitréen réussit un arrêt réflexe. Sur le corner qui suit tiré par Querré, Le Galliard, au second poteau trouve la lucarne. But… C’est la libération côté pontivyen, le public exulte. On croit enfin à la qualification. Les vitréens, quant à eux, accusent le coup. A peine 5 minutes plus tard, à la réception d’un ballon de Querré, Péru manque de peu de plier définitivement le match…Même scénario 10 minutes plus tard avec les mêmes acteurs. A la 87ème minute, Le duo Le Galliard – Péru s’active mais ne trouve toujours pas le but adverse.
Puis c’est le coup de sifflet final. Les verts et blancs sont qualifiés pour le 3ème 16ème de finale de son histoire. Ils exultent…ils peuvent enfin faire la fête avec leur public, avec leurs supporters… tout le monde attends le tirage au sort qui aura lieu à l’issu du match Paris Valencienne. Et tout le monde rêve d’une grosse affiche…
Pontivy est le seul club, avec son voisin vannetais, à s’être qualifié. Lorient, club de L1, revient de Calais avec une défaite… Même désillusion pour Rennes qui se fait humiliée par Romorantin, club de national, à domicile.
Le lendemain et le surlendemain, la GSI fait la une des médias régionaux. Pour leur qualification, bien sur, mais aussi dans la rubrique faits divers. En effet, dans la nuit qui a suivit la qualification, l’espace entreprise a été saccagé. Beaucoup s’en émeuvent. Le maire, présent lors du match la veille, vient constater les dégâts. La victoire est ternie mais dès le lundi, des bénévoles et des agents communaux sont à pied d’œuvre pour effacer les traces de cet acte gratuit et préparer l’espace pour le prochain match.
16ème de finale : Désillusion face à Montceau
Le tirage au sort est diffusé en directe sur Eurosport. Lorsque la GSI est tirée, la première satisfaction c’est que peu importe la division du futur adversaire, le match se jouera à domicile. Mais à la vue de l’adversaire, il y a une petite déception. Il s’agit du club de Montceau, en Bourgogne, évoluant au même niveau que les verts et blancs dans le group B de CFA. Ce club est un inconnu et c’est un promu.
L’engouement autour du match est énorme. Il rappelle les grandes pages de l’histoire du club. Le Ouest France ou bien le Pontivy Journal y consacrent des éditions spéciales. Le match de jouera a guichet fermé ce qui entraînera le désarroi d’une petite centaine de personnes qui ne pourront pas assister au match, faute de place. Une heure avant le coup d’envoi, le faubourg de Verdun fourmille déjà de nombreux supporters. Comme à la grande époque, le club des supporters a remis en place les palettes permettant aux nombreux spectateurs présents sur les pourtours de voir au mieux le spectacle. Malgré la distance, un car de supporters de Montceau a fait le déplacement. Les radios telle que Radio Bleu ou bien Europe 1 retransmettent le match et on note aussi la présence d’une équipe de France 3 Ouest.
Les pontivyens entrent mal dans la partie. Ils sont fébriles et conservent au maximum le ballon sans forcément créer de danger dans la surface montcéenne. Les verts et blancs sont fébriles et les actions de la première mi temps sont à mettre au compte des visiteurs. Pourtant, à la mi temps, Guéna Le Maux, le capitaine gésiste y croit encore…
Au retour des joueurs sur le terrain, la donne n’est pas différente. Le jeu se fait toujours par l’intermédiaire des montcéens qui parviennent à concrétiser par un but de la tête de Serpry. C’est la déception pour les nombreux supporters pontivyens présents aux abords du stade. Mais à 1 – 0, tout n’est pas joué et un renversement est toujours possible. Mais un coup de massue s’abat sur le faubourg de Verdun, quelques minutes plus tard. Cortambert, d’une sublime frappe des 40 mètres, lobe Jérôme Le Floch, le portier pontivyen et alourdi le score à 2 - 0. Le faubourg de Verdun n’aura jamais autant bien porté son nom. Une « tranchée » est creusée entre les deux équipes. Jamais les locaux ne parviendront à rétablir la tendance…
Au coup de sifflet final, les joueurs montcéens exultent de joie tandis que les verts et blancs après avoir remercié leurs supporters, rejoignent les vestiaires abasourdis. Rudy Christophe rejoint les vestiaires en pleurs. Leur épopée s’arrête là. Le long silence qui parcourt le vestiaire à l’issue de la rencontre montre la déception des gésistes qui ne voulaient pas achever, devant son public, son parcours en coupe de France. L’avenir montrera que cette équipe Montcéenne avaient énormément de qualités, en battant deux L1 coup sur coup, les Girondins de Bordeaux et le Rc Lens…
Le parcours 2006 2007 restera dans l’histoire du club, notamment par cette victoire contre une L2 à l’extérieur. Ce parcours est dotant plus magnifique qu’il est inespéré. En effet qui au mois d’août ou de septembre aurait misé sur cette équipe qui ne parvenait pas à gagner. Cette coupe entraînera l’équipe dans une sphère positive qui leur a permis de sortir de la zone rouge en championnat mais hélas ce sera de courte de durée, car la saison s’achèvera par la rétrogradation en CFA 2.